une fourmi au bout des doigts

12 novembre 2017

"j'aimerais raconter le vent...

...qui mugit dans l'acier, et puis notre méchanceté"

Bonsoir,

Tel était le début imposé du concours "Sang d'Encre"...et la fin imposée était "Presser la détente. Et oublier enfin."

Un style qui m'a bien plu, et je remercie les organisateurs pour le joli mail reçu il y a quelques jours. Je n'ai pas fait partie des 3 finalistes, mais ils ont eu la courtoisie de m'envoyer, comme je suppose à tous, un petit mot de remerciement pour ma participation. Je le signale car il est dommage que dans bien nombre de concours, nous soyons obligé de chercher par nous même les résultats ou de les demander.

Donc c'est avec plaisir que je reprendrais ma plume l'an prochain pour y participer.

En attendant, voici la nouvelle que j'avais proposé "Ma douce Sarah"

Bonne lecture....

"Ma douce Sarah"

J’aimerais raconter le vent qui mugit dans l’acier, et puis notre méchanceté. Cette méchanceté qui nous caractérise depuis l’enfance. Sous nos regards angéliques, nos visages poupins, et nos chevelures bouclées, personne n’a jamais imaginé à quel point nous nous délectons du malheur des autres. A 6 ans déjà, nous prenions un malin plaisir à torturer nos amies, nous cassions avec plaisir leurs jouets, renversions volontairement leur crème glacée sur leur jolis vêtements neufs. Nous étions tellement jolies et si douces, que les mamans ne se doutaient de rien, et rejeter la faute sur leur progéniture. Nous avions l’art et la manière de passer pour d’innocentes victimes.

En grandissant, devenues de splendides adolescentes, nous continuons notre jeu de massacre en y intégrant les adultes. Aguicheuses, nous allumons les hommes, flirtant à l’extrême avec les maris des copines de maman et les meilleurs copains de papa. Ils angoissent à l’idée que leurs femmes découvrent leurs incartades, quand ils reçoivent par des courriers anonymes des photos suggestives. Ils justifient les lettres calomnieuses, narrant leurs pseudo-infidélités, par des excuses de jalousies.

Aucun n’ose avouer avoir été trompés par les jumelles de la famille, trop honteux d’avoir jeté un regard, d’avoir espéré conclure sans jamais toucher le fruit défendu. Et personne ne peut deviner qui sont les belles jeunes femmes déguisées sur les photos envoyées.

Les perfidies ne s’arrêtent pas là. Quiconque passe sous le regard de Nicole et Sarah peut tomber dans leur toile qui s’étend au fil du temps.

Les jeunes filles usent de tous les subterfuges. Lançant des rumeurs via les réseaux sociaux, mines d’or pour traquer, détruire, tous ceux qui veulent les défier. Tout est un jeu, un jeu malsain qu’elles adorent.

Fusionnelles, complémentaires, Nicole et Sarah sont inséparables. Même les petits copains sont échangés. Ils ne se doutent de rien. Elles savent parfaitement jouer leur personnage et inversement.

Pourtant un jour, Sarah cache à sa sœur, sa rencontre avec Julien quelques jours auparavant. Elle n’a jamais éprouvé ce besoin de taire une information à Nicole. Elle ressent au fond de son âme, de son cœur, une envie immense. Elle se sent heureuse comme elle ne l’a jamais été. Elle passe ses nuits à rêver de ce nouvel amant, et contrairement aux autres fois, ne veut pas le partager.

Elle sent que cette fois-ci les choses sont différentes. Elle mûrit, change au contact de Julien. Elle imagine tirer un trait sur son passé, et pense à un avenir plus fleur bleue.  Peut-être finir comme papa et maman, un couple sans histoire menant une vie tranquille dans un pavillon charmant. Elle est amoureuse, follement amoureuse.

Nicole n’est pas dupe. Elle sent que sa jumelle se détache, s’éloigne peu à peu. La scélérate ! Quelle félonie ! Elle ne peut pas me laisser tomber. Il y a encore tellement de malheur à provoquer et nous nous amusons infiniment.

Nicole traque sa sœur dans l’ombre et finit par découvrir Julien, le tendre Julien qui a l’air bien innocent. Elle tisse son plan. Elle prendra le temps qu’il faudra. Sarah lui reviendra.

Il y a des règles qu’on ne transgresse pas. Désirer un objet sans le partager avec sa jumelle, peut s’avérer dangereux.

 

Sarah est sur un petit nuage. Julien veut la voir, ce soir. Il a une demande à lui faire. Elle lit et relit sans cesse sans sms sur son téléphone. Des mois qu’elle attend ce moment. Elle imagine les fleurs, le dîner aux chandelles, le scintillement de la bague. Elle meurt d’impatience de se retrouver avec lui.

Il laissera la porte entrouverte, elle n’aura plus qu’à découvrir sa surprise.

Le soir arrive lentement, elle ne tient plus en place, elle est en avance. Elle a revêtu sa plus belle robe, mis ses plus beaux sous-vêtements. Sur le pas de la porte, elle entend des gémissements, des rires, UN rire. Non, ce n’est pas possible. Elle entre doucement sans se faire entendre, elle blêmit. Sa sœur est nue, collée à Julien qui lui tourne le dos. Les yeux clos il murmure « Oh Sarah, mon amour ». Non pas lui, il n’a pu être dupe. Nicole la regarde méprisante et embrasse son Julien « Oui, mon amour ».

Julien n’a pas vu Sarah qui s’enfuit en larmes. Elle rentre chez elle, va dans le bureau de son père. Elle connaît par cœur le code du coffre-fort. Elle sort le pistolet dont il se sert au stand de tir. La balle est introduite sans un tremblement. Elle sait que Nicole ne la laissera plus jamais tranquille. Elles sont liées, à la vie, à la mort.

Sarah choisit. Le pistolet contre sa tempe.

Presser la détente.

Et oublier enfin.

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13 octobre 2017

Une jeunesse remarquable...

Bonjour,

Une jeunesse remarquable... tel était la thématique d'un concours dont le finaliste sera connu demain.

Qui a cru un jour à un joli rêve étant enfant... ce rêve est-il devenu réalité ou pas ?... la vie est ainsi faite que chacun la traverse à sa manière, avec ses bonheurs et ses aléas. Une vie  peut être un jour remarquable en un instant... plus ou moins long, plus ou moins intense....

Et ce qui est remarquable pour l'un, peut être anodin pour l'autre.

Dans la nouvelle que je vous propose, je parle d'un vieux monsieur que j'ai connu assez peu, mais suffisamment pour le raconter... quelques élèments ont été modifiés, mais dans l'ensemble je retrace une part de sa vie....Une pensée pour cette personne qui nous a quitté il y a une quinzaine d'années.

belle fin de journée à vous tous et toutes

à bientôt et bonne lecture..............

 

« Très cher Yvan »

Tu es né le 2 juillet 1919, en fin d’après-midi, sans un cri, dans un petit village d’Alsace. Ta maman, elle, enfanta dans une douleur immense comme pour expier ses fautes. Eugénie n’avait pas le droit de se plaindre. Elle avait commis le péché de la chair sans être mariée. Elle avait déshonoré la famille.

Sa mère et son père adorés l’avait envoyé chez la Gran ‘tante Odile dans la vallée, pour que la honte soit cachée. On l’avait présenté comme une jeune fille dont le fiancé était mort à la guerre. Nous n’étions pas loin de la vérité. La pécheresse avait seulement osé s’unir avec l’ennemi.

Tu l’avais découvert un jour par hasard. Une photo du prussien dans un petit carnet caché au fond de la table de chevet de ta mère. Tu les imaginais de façon romanesque, deux amoureux loin des convenances et des interdits, s’aimant follement un soir d’automne. Tu le trouvais charismatique dans son bel uniforme et son casque à pointe. Tu t’inventais des histoires, tu le rêvais, l’idolâtrais jour après jour. Mais tu savais au fond de toi, que malgré le grand amour que te portait ta mère, jamais elle ne t’en parlerait.

Personne dans le village ne posait de questions. Tout avait été dit et si un médisant osait répandre une quelconque rumeur, Odile la matrone s’en chargeait.

Le nom de ton père ne fut jamais prononcé. Il y a des sujets à l’époque que l’on n’abordait pas. Tu fis quelques recherches, bien des années plus tard. Les bruits coururent que le prussien était mort lors du ferrage de son cheval quelques jours après la fin de « La Grande Guerre ».

Ta mère était une belle jeune femme qui se fana avant l’âge. Elle ne se plaignait jamais. Travailleuse, affable, elle resta seule jusqu’à la fin de sa vie.

Elle n’avait qu’un seul défaut, celui de trop t’aimer. Tu étais le centre de sa vie, et elle était pour toi la plus attentionnée des mères, la plus merveilleuse des femmes. Parfois tu la surprenais en train de t’observer, l’esprit ailleurs, elle voyait certainement en toi les traits de son amour.

 

Ta jeunesse fût dorée. Ta Gran ‘tante et tes deux grands oncles qui s’installèrent au logis peu de temps après ta naissance, te choyaient eux aussi.

Aucun d’eux ne fondirent de foyer comme s’il en était dorénavant interdit.

Contrairement à tes camarades de classe, tu n’avais point de corvées à faire en rentrant, point de taloches reçus. Tu grandissais comme un petit prince, dans une demeure pourtant modeste.

Le travail à la ferme ne manquait pas entre les poules, les chèvres, et la terre dont il fallait s’occuper à chaque saison. Tes besognes étaient ailleurs, il en fut décidé autrement.

A tes 10 ans, tu reçu du grand-oncle Albert une magnifique boite de fusains. Un joyau dans tes mains. Tu passais ton temps libre, tes soirées à croquer le moindre objet, le moindre fruit. Albert avait accroché dans son atelier de menuisier « le coq de bruyère » que tu lui avais dessiné, tel un premier prix décerné. Quiconque passait devant le tableau, avait droit aux louanges du petit Yvan.

Tous admiraient tes œuvres. Un artiste était né.

Tu étais assidu, affinant le moindre contour. Tu découpais des images, des photos, des portraits dans des magazines. Et tu passais des heures à faire, refaire, redéfaire jusqu’à obtenir le résultat parfait. Du fusain, tu passas aux pastels, puis des pastels à la peinture à l’huile.

Ta mère travaillait de plus en plus, passait ses soirées à coudre pour les bourgeoises aux alentours, pour pouvoir acquérir tout le matériel dont tu avais besoin. Tu étais tellement absorbé par tes activités que tu ne percevais pas sa fatigue progressive.

Tu affectionnais particulièrement les paysages de montagne, surtout tes belles montagnes alsaciennes, de ton beau pays. Tu regardais les cimes enneigées l’hiver à travers la petite fenêtre gelée de ta chambre et cela t’inspirais.

Tu participais à des ateliers, à des expositions.

Ton jeune âge rendait tes œuvres encore plus belles, plus lumineuses. Tes tableaux étaient aussi bien accrochés au café du village que dans un grand hall d’hôtel réputé. Tu faisais la fierté de ta mère, de toute la famille.

Tous étaient unanimes Tu étais très doué, et tes pinceaux semblaient glisser sur la toile avec une grande dextérité, sans aucune hésitation.

 

Une autre de tes passions, était le chant. Tandis que tes amis rentraient les foins toi, tu vocalisais dans un coin. Tu t’imaginais saltimbanque, parcourant les plaines et les vallées, traversant les frontières.

On ne tarda pas à te faire participer à des radio-crochets. Tu concourais avec grand plaisir.

Tu chantonnais les classiques lors des fêtes de bucheronnage, tu yodlais à la demande. 

Les mamies t’adoraient, tu leur rappelais leur jeunesse. Les mamans te pressentaient en gendre idéal dans quelques années, imaginant leurs filles avec une vie moins difficile que la leur. Les plus jeunes se pressaient à tes pieds, ils t’enviaient et t’admiraient à la fois. Avec tes beaux yeux bleus, ta taille haute qui te faisait paraître plus mûr et ta voix si particulière, tu usais de ton charme. A la fin de tes récitals, tu esquissais au fusain à la demande, les silhouettes de tes admiratrices qui rougissaient de plaisir. Tu riais, tu t’amusais tellement, tu croquais la vie à pleine dent.

Tu étais devenu un artiste accompli.

Malgré ton jeune âge, tu fréquentais un nouveau monde, une nouvelle élite. Tu te grisais aussi de toute cette excitation. Tu prenais de plus en plus d’assurance, tu devenais même coquet, un brin narcissique.

Les articles de journaux relatant tes déplacements, tes expositions, tes envies s’accumulaient sur les murs de la cuisine, à la vue de tous.

Malgré toutes les tentations, les propositions, tu restais auprès d’Eugénie. Celle à qui tu devais la vie que tu menais. Elle savait t’écouter, t’apaiser. Elle restait ta mère adorée, et nulle ne pourrait jamais prendre sa place.

 

1939, tu as maintenant 20 ans.

L’époque est sombre. Une terrible menace étend son pouvoir.

La vie est encore merveilleuse pour toi. Du moins, tu le crois. Il ne te reste que quelques mois.

La veuve noire est prête à te piquer, elle attend patiemment que tu tombes dans sa toile.

L’ortsgruppenleiter, nouvellement nommé dans la commune, a réussi à te séduire par son discours flatteur et paternaliste.

Tu finis par croire en une patrie forte, redorée. Tu veux croire en cet ordre nouveau. Tu vas arborer l’uniforme malgré toi, et devenir au fil du temps un « malgré nous ». Enjoué tout d’abord il est vrai., Tu étais tellement naïf, si facile à attraper.

Mais l’horreur de la guerre va l’emporter. Tes illusions seront perdues. Tu connaîtras la camaraderie au début dans une Wehrmacht qui semblera te tendre les bras mais qui n’aura jamais confiance en toi. Tu connaitras surtout le froid, la faim, la peur, cette terrible peur qui te prend aux entrailles sur un champ de bataille. Tu finiras par t’enfuir, loin, très loin.

Tu seras repris.

Tu échapperas au peloton grâce à ton timbre de voix. Plus jamais après, tu ne chanteras.

Les années ont passées discrètement. Tu es dorénavant un vieux monsieur, et tu racontes à ton petit fils ton histoire en souriant. Tu as continué à peindre pour le plaisir tes belles montagnes, mais plus jamais tu n’as rêvé d’autres horizons.

 

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02 octobre 2017

"ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux"

Bonjour,

Le thème d'un concours auquel j'ai participé : "ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux" de Pierre Perret.

Je me suis inspirée d'un fait réel, dramatique qui a touché une de mes connaissances. Une manière de rendre hommage à ma façon à un adolescent parti bien trop tôt.

Pas de jugement, j'ai transposé par rapport à la thématique proposée et bien sûr comme pour une nouvelle, j'ai pris quelques libertés.

Ce texte a aussi été proposé dans deux autres concours.

bonne lecture, et merci de respecter mon travail d'écriture....ce n'est pas toujours facile !

 

« L’Envol »

Agenouillée à la fontaine, mon carnet de voyage et mon fusain à la main, je te détaille délicatement et croque ton esquisse. La silhouette que je laisse apparaître soudain s’anime. Pendant quelques instants mon esprit s’éloigne vers un doux rêve, empli de tendres baisers et de caresses. Tu lui ressembles tellement. Ta démarche chaloupée, ton sourire, ta mèche rebelle, me font penser à lui. Je t’en parle des nuits pour que son image ne s’estompe pas trop vite. La vie lui a malheureusement brûlé les ailes bien trop tôt. Je sens sa présence, son odeur, je me grise de ce sentiment oublié.

Un éclat de rire me ramène à la réalité.

Tu virevoltes tel un papillon. Rien ne peut t’atteindre. Ta gaieté, ton insouciance est un de mes plus grand bonheur. Il est 23 heures, il fait beau et les senteurs du début d’été après l’averse nous enivrent de mille sens. Nous nous aspergeons de cette eau fraîche qui coule de la gargouille. Nous nous courrons après tels de jeunes enfants et nous nous couchons à même le sol. Nous admirons le ciel étoilé en réinventant notre histoire. Peu nous importe le monde qui nous entoure, seul le moment présent compte.

Vous derrière vos fenêtres, vous mourrez d’envie de nous rejoindre, mais la bienséance apprise depuis toujours vous empêche d’être vous-même.

Le temps passe, tu veux rentrer. Nous nous écroulons sur nos lits défaits.

A l’aube, je dois me lever. Il faut bien payer les factures à la fin du mois. Je file sous la douche froide pour éveiller mon corps fatigué. Mes cernes se cachent sous un maquillage maitrisé. Le miroir reflète mon visage où apparaissent quelques ridules. Je me faufile ensuite vers la cuisine, sans faire de bruit, et je me verse un café bien noir comme chaque matin. Dans l’évier, les verres sales de la veille, les assiettes collées, je laisse couler l’eau chaude et j’empli le lave-vaisselle déjà plein des jours derniers. Dans le couloir, je ramasse toutes tes affaires, je démarre le lave-linge après avoir étendu celui de la veille. Il y a des rituels auxquels il est difficile d’échapper.

Vers 7 h 30, j’entre dans ta chambre, je t’observe. Ta respiration sereine me fait sourire. Je t’embrasse, je caresse ta frimousse, je chiffonne tes cheveux. Tu n’ouvres pas les yeux, tu râles. Tu ne sembles pas vouloir te lever. Tu me lances tes chaussons qui sont posés au pied de ton lit. Finalement tu te décides, et tu me rejoins pour le petit déjeuner. Tu traines, tu discutes, tu me racontes encore et encore tes sorties nocturnes, tes délires du moment. Je ne me sens pas vieillir auprès de toi.

Nous roulons par les chemins habituels, la circulation est dense à cette heure-ci.

Arrivés près du portail, je sens déjà le regard réprobateur de ta directrice, le doigt pointé sur l’aiguille de sa montre. Le discours habituel sur la ponctualité que je connais par cœur glisse sur moi. Notre sourire l’exaspère, peu d’importance, tu fais ce que tu veux. Quelques minutes de retard, ne prédisposeront pas de ta vie. Je l’entends une nouvelle fois te parler de ta tenue négligée et froissée, de tes cheveux en bataille. Je t’embrasse. Ne l’écoute pas, tu es heureux.

Elle souhaite me parler, prendre un rendez-vous. Plus tard, plus tard. Je m’éloigne vers la réalité pour le travail de la journée.

Que vas-tu faire ? Seras-tu là ce soir ? Mon téléphone va-t-il sonner aujourd’hui ? Devrons-nous encore te chercher ?

Ce lundi finalement est vite passé. Je m’étonne pour un début de semaine de la patience des clients du magasin, des appels courtois. Le monde serait-il enclin à plus de bienveillance ?

Je range mes dossiers, je ferme mes tiroirs et branche le répondeur sur mon bureau. Il est temps de retrouver ce qui me tient le plus à coeur.

Pour une rare fois, tu es là.

Tu t’es occupé du lave-vaisselle. Tu as mis le couvert, et quelques jolies fleurs dans un coin de la table. Fleurs qui étrangement ressemblent à celles du jardin de la voisine. Nous rions. Tu me racontes ta journée. Il y a des mots à signer, des cours à rattraper.

Nous nous régalons de ton pique-nique improvisé avec les restes trouvés dans le frigidaire, un mélange de sucré-salé original.

Tu choisis un film, violent, sanguinolant. Tu aimes ce style, c’est ton choix. Ici, pas de barrière, pas d’interdit. Tu es assez grand, tu comprends.

 

Les jours passent, les semaines aussi. Nous vivons au rythme de tes envies.

La famille, les amis ouvrent le débat, je n’écoute pas. Aucune règle établie, à quoi bon. Qui vivra, verra. Tu auras bien le temps de te mouler dans un personnage sociable dans quelques années. Profite de ta jeunesse. Découvres. Ne te laisse pas mettre en cage de sitôt. Rien ne presse. Tu as la vie devant toi.

Tu veux danser toute la nuit, et bien danse, trémousses toi !

Tu veux boire et avoir la sensation de voler, et bien fonces, goûte ces délices forts et sucrés !

Vis et ne regarde pas autour de toi, ne te laisse pas façonner par la société.

Laisse parler tous ces vieux schnocks qui au fond d’eux-mêmes, ne rêvent que d’expériences interdites et t’envie.

 

Dimanche, 5 h du matin. On sonne à la porte, une fois, deux fois. Je regarde l’heure sur le radio-réveil. Il est tôt, tu as dû oublier tes clés.

Je baille, je me lève, je descends les escaliers. J’ouvre et là en face de moi, deux agents de police.

Abasourdi, je ne comprends pas. Je me frotte les yeux, je balbutie.

« Madame, nous avons le regret de vous annoncer le décès de votre fils »

Ce n’est pas possible. Je dois rêver. Je ne veux pas y croire.

« Madame, il semblerait qu’il est succombé à un mélange d’alcool et de substances illicites »

Ce n’est pas possible. Non. Pas une nouvelle fois. L’histoire ne peut recommencer.

J’éclate de rire, un rire qui n’en finit pas.

J’ai froid. Un vide immense m’envahit. Je tombe à genoux, j’éclate en sanglots et je vous vois. Toi et ton père épris de liberté, enfin réunis. Vous vous rencontrez lors d’un ultime combat.

 

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25 septembre 2017

Une petite fantaisie...

Bonsoir,

Quelques jours d'absence, le temps de préparer d'autres nouvelles pour d'autres concours...

Je vous propose de lire celle-ci, une petite fantaisie proposée pour le concours de Illfurth (68) . Elle n'a pas été retenue. Les organisateurs devaient informés selon le réglement tous les participants de ce concours, mais il n'en fut rien. Au final, ils n'ont contacté que les 3 finalistes. Dommage.... Un petit classement aurait été bien sympathique.

Le thème était "On n'est pas des bêtes !" 

J'avoue je me suis bien amusée à entrer dans mon personnage un peu cabot !

Bonne lecture..... et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

 

« Anasthasia » par Séraphine Kirira (pseudo du moment !)

« Anasthasia,  Anasthasia »

« Oui, là, là, ici, …c’est moi, vous ne me voyez donc pas ? »

N’avez-vous donc pas lu mon dossier ??? Quelle incompétence, quelle désinvolture ! Et cette attente, interminable. Et ces fauteuils inconfortables. Juliette, m’avait pourtant dit que tout serait rapide. Où donc est-elle passée ? Et qu’avait-elle aujourd’hui à vouloir à tout prix me cajoler tout le temps. Et ce petit déjeuner promis qui n’arrive pas ! J’ai besoin de mes protéines pour me sentir bien toute la journée.

 Et ce départ précipité ! Tu sais Juliette que je n’aime pas cette attitude. Et quel est donc cet endroit, pourquoi ne m’as-tu pas conduit dans mon salon habituel ?

Quoi ? Une surprise ! Ce n’est pourtant pas mon anniversaire. Franchement, tu aurais pu faire mieux, je ne sais pas qui a fait la déco de cette pièce. Une véritable horreur ! Aucun goût !

Et toi, assis à côté de moi, inutile de te frotter contre moi, d’essayer de me sentir, de me toucher. Tu sais bien que je t’ai vu lorgner sur ma silhouette parfaite et fine. Ma croupe, que je sais parfaitement balancer te fait rêver mais, ne te fatigues pas, elle ne t’est pas destinée…du moins, pas encore... Il faudrait me séduire, y mettre le prix. Je passe suffisamment de temps dans les salons de beauté, pour savoir que je suis irrésistible.

Admire mon regard, tu n’es pas près de l’oublier. Mes yeux de braise, parfaitement cillés, ma petite truffe effilée, ma bouche sensuelle, humide et ma langue, oui ma langue qui te fait frémir, et que tu imagines sur ton corps poilu. Oui, imagine, imagine…ce que je pourrai te faire.

Quoique en parlant de corps poilu, tu pourrais peut-être t’arranger un peu. Je peux te donner une bonne adresse et la tondeuse fera le reste.

Regarde ma chevelure frisée, naturelle, pas un poil ne dépasse. Mes ongles impeccables, mon poitrail symétrique. Mon esthéticienne est une fée. Je te la conseille volontiers.

Et celle-là, un peu plus loin, non mais elle s’est vu ! Quelle godiche, indolente, négligée !

Pas une once de gracilité ! Fait du sport ma fille, va courir un peu en fin de semaine ! Ce n’est pourtant pas si compliqué. Et ton alimentation, je n’ose y penser. Varie un peu ta gamelle, voyons. Mets de la couleur dans ta vie.

Des bisous par ci, des bisous par-là, un peu de dignité. Tu te donnes en spectacle avec ta grande amie. Un peu de tenue !

Tiens, tu pars. A peine arrivée, tu files en douce. Tu me souris, tu oses même rire. Quel irrespect ! Ma pauvre fille, nous n’appartenons vraiment pas à la même catégorie !

Mais où est donc passée Juliette ???

« Juliette, Juliette, Juliette »

Quoi ? je fais trop de bruit, je dois me taire.

« Insolent ! Savez-vous à qui vous vous adressez ? » J’irai me plaindre à votre hiérarchie.

Et vos tenues, vraiment hideuses, mal coupées, de vrais pyjamas ! Ce vert ne vous va vraiment pas. Il affadit votre teint.

Trop drôle, je n’avais pas bien remarqué au départ vos magnifiques escarpins plats ! De vulgaires sabots blancs. Vous n’êtes vraiment pas à la mode.

Et ce chapeau, ridicule ! vert, bien sûr. Il ne ressemble à rien. Est-il bien utile avec ces chaleurs insupportables ?

Vite, qu’on m’apporte une boisson.

Ah enfin, le petit déjeuner va être servi.

Je dois aller dans un salon privé.

 Et oui, cher voisin, je vous quitte. N’oubliez pas d’admirer ma silhouette lorsque je passerai la porte. Et faîtes des rêves exquis. 

Encore une pièce terne. Décidément, il faudra leur donner les coordonnées d’un bon décorateur.

Quoi ? Pas de fauteuil ! Une table, et quelle table ! Un étal de boucher ! Je ne vais quand même pas manger dans cet endroit stérile et frais.

Et cette nappe, horrible, verte encore et toujours. Je déteste cette couleur.

« Juliette, Juliiiiiettteeeeee »

Je dois encore me taire, et me contenter d’une lapée d’eau et d’un bonbon.

Je ne suis pas au régime, regardez-moi bien, ai-je besoin de maigrir ? Non. Lamentable ! Maintenant, je boude.

Je ne sais pas ce qui se passe. J’ai besoin de m’asseoir. Voilà, c’est de votre faute ! Voulez-vous que je meure d’hypoglycémie !

Je tremble. Je vacille. Je m’allonge.

Vite ! Donnez-moi à manger ! J’ai besoin de sucre ! Au secours !

On me pique, me repique ! Sadique ! Monstre ! Vous n’abuserez pas de moi ! Otez moi ces horribles tuyaux ! Mais que me voulez-vous ?

Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas…..

Au secours ! Où suis-je ? Non, Non…

« Juliet…. Juli… Ju… JJJJ….. »

 Le soir est venu, j’ai revu mon voisin. Nous nous regardons à la dérobée. Nous savons.

Nos yeux ne pétillent plus comme avant. Plus de séduction, plus de désir. Inutile.

Il ne veut plus penser à ma croupe voluptueuse. Aucun espoir.

J’imagine dans quelques semaines mes bourrelets disgracieux. Impensable. Quelle torture !

Adieu, mes envies d’une nichée joyeuse.

Je n’ai plus faim.

Juliette est là. Elle attache ma laisse et nous rentrons à la maison.

 

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05 septembre 2017

concours "nolim by Carrefour"

Voici la nouvelle que je présente pour le concours "nolim by Carrefour"

Je l'ai écrite en 2 soirées et 1 matinée... j'avoue, assez rapide, car au courant de ce concours un peu dans les derniers jours.

En tout cas, je me suis bien amusée... En la relisant toutefois, je changerai certains mots (je n'aime pas les répétitions) et quelques tournures de phrases. Il doit rester quelques fautes aussi, je n'en doute pas ! à force de lire et de relire, on ne les voit même plus... ohhhhhh

J'espère que vous aimerez cet autre style.

Noces d'étain - Je Deviens Ecrivain

Nous allions fêter nos dix ans de mariage ce seize septembre 2016, et je voulais faire de cet évènement un jour inoubliable pour nous deux. J'avais prévu un tête-à-tête à la maison, comme cela devenait rare depuis bien longtemps.

http://www.jedeviensecrivain.com

 

 

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Jongler avec les mots, les styles

Bonjour,

j'espère que vous allez bien. Ici nous avons le soleil aujourd'hui.

Ici, c'est en Alsace pour vous situer un peu mon environnement, plus exactement à Neuf-Brisach.

Si vous ne connaissez pas, venez nous rendre visite, vous serez agréablement surpris de découvrir des merveilles  dans les remparts. J'ai écrit d'ailleurs deux nouvelles sur notre ville, il faudra juste un peu de patience pour que je vous les fasse lire.

Mais revenons à mon sujet intial : jongler avec les mots, les styles ..... Pourquoi les concours ????

J'avoue, j'aime le côté thème imposé, nombre de pages déterminées, polars, aventure, etc.....

Une approche différente dans la façon de travailler. je m'impose un rythme plus soutenu, un cadre plus rigoureux.

Je trouvais au départ assez pénible de devoir calculer le nombre de signes ou de mots, mais au final ça m'a permit d'affiner mes textes, de détailler parfois ou de racourcir une partie de ma nouvelle.

Travailler, retravailler pour obtenir le résultat excompté, changer les tournures de phrases, chercher des synonymes etc.... Je m'oblige bien agréablement à écrire au minimun une heure par jour (en étant bien organisée, entre le travail et tout le reste, j'y arrive aisément)

Passer d'un style drôle, humoristique a un ton plus noir, plus sombre ... toucher à des thématiques auxquelles on n'aurait pas forcèment penser... j'ai testé par exemple la science-fiction, j'avoue je n'y suis pas trop à l'aise ...mais je retenterai l'expérience..... "c'est en forgeant qu'on devient forgeron !"

voilà, un peu pêle-mêle mes pensées du jour...

bientôt une nouvelle à vous faire lire, j'attends juste la validation en ligne.

belle journée

 

 

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03 septembre 2017

Une petite présentation

Bonjour,

Je me présente Sandrine, assistante maternelle agréée de profession...bien loin du domaine de l'écriture !

J'ai toujours eu envie de poser mes pensées sur papier depuis ma plus tendre enfance, mais un caractère timide et réservée m'en a empêché.

Aujourd'hui, à 46 ans, je me lance avec grand plaisir !

Je n'ai peut-être aucun talent, mais je m'amuse follement !

Je vous ferai partager mes doutes, mes envies, et les textes que j'osent maintenant écrire.

Depuis deux mois, je me suis lancée un défi : proposer des nouvelles à travers de nombreux concours.

En voici une que je vous propose en lecture "Pause" , via ce lien :

Pause

Je suis une femme " Bonjour, Séraphine Kirira. Que puis-je pour vous ? "" Le rendez-vous du 28. Pas de souci, il est noté "" Allo, oui, ne quittez pas, je vous reprends dans un instant "" Désolé. Oui je vous confirme le 28 à 13 h 30. Vous voulez changer ?

http://www.aufeminin.com

 

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ! J'écris selon mes humeurs et les idées qui me traversent l'esprit au moment où je prends la plume !

Comme on n'est pas forcèment objectif sur ses écrits, j'accepte aussi les critiques ! Elles peuvent parfois permettre d'avancer et de se corriger.

Et si vous aimez ma nouvelle, vous pouvez toujours liker ! Merci

A bientôt

 

Posté par sandrine B-H à 13:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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